Convention de formation : obligations à respecter

Dans la vie d’un organisme de formation, la convention n’est pas un “document administratif de plus”. C’est le cadre contractuel qui sécurise la prestation : ce qui est vendu, à quelles conditions, sur quelle période, avec quels moyens, et comment on prouve que tout a été réalisé correctement. Pour les entreprises (et a fortiori les grandes structures), c’est aussi une question de maîtrise du risque : conformité, traçabilité, gestion des changements, et prévention des litiges.

Mais attention : on mélange souvent “convention”, “contrat”, “devis” et “bon de commande”. Or, selon le contexte, ce n’est pas le même niveau d’obligations — ni les mêmes règles.

Convention, contrat, devis : ce qu’on doit comprendre avant de rédiger

La convention de formation est généralement utilisée lorsque l’acheteur est une entreprise, une administration ou un financeur. Elle formalise la relation entre l’organisme de formation et le commanditaire, en fixant le contenu de la prestation, les modalités d’exécution et les conditions financières.

Le contrat de formation, lui, s’applique lorsque la formation est achetée et financée par une personne physique à titre individuel (et à ses frais). Là, le droit prévoit des protections spécifiques (notamment un délai de rétractation et des règles strictes sur les paiements). Autrement dit : on ne “recycle” pas une convention entreprise pour du B2C.

Enfin, dans certains cas, un devis signé ou un bon de commande peut tenir lieu de convention… à condition de ne pas perdre l’essentiel : si le document ne contient pas les mentions attendues, vous aurez peut-être un achat “valide”, mais un dossier fragile en cas de contrôle ou de contestation.  

Le cœur de la convention : les mentions qu’on ne peut pas laisser floues

Une convention solide doit permettre, à la lecture, de répondre à des questions très concrètes : qu’est-ce qui est exactement prévu ? quand ? comment ? avec quels moyens ? comment on suit et on évalue ? combien ça coûte et comment c’est payé ?

Voici les mentions clés à intégrer (ou à annexer de façon claire) :

  • Intitulé de l’action, objectifs, et description du contenu (programme)

  • Durée, dates/période de réalisation et, si pertinent, planning prévisionnel

  • Modalités de déroulement (présentiel, distanciel, hybride) et, en cas de distanciel, la part/organisation de l’enseignement à distance

  • Moyens mobilisés : pédagogiques, techniques, encadrement, ressources mises à disposition

  • Modalités de suivi et de preuve de réalisation (émargement, attestations, relevés de connexion…)

  • Modalités d’évaluation et de validation (attestation, certification, examen, etc.)

  • Prix (HT/TTC si applicable), modalités de facturation et de règlement

À ce stade, l’erreur la plus fréquente, ce n’est pas “l’oubli” : c’est le vague. Un programme trop générique, une durée imprécise, des modalités de suivi non décrites… et tout devient discutable. 

Les clauses qui évitent 80% des problèmes

Une convention efficace n’a pas besoin d’être longue. En revanche, elle doit prévoir les situations qui arrivent “dans la vraie vie”.

Les modifications de planning : reports, changement d’horaires, déplacement d’une session, remplacement d’un formateur. Si rien n’est écrit, chaque ajustement devient une négociation. L’idéal : un mécanisme simple (délai de prévenance, validation par mail, conditions de replanification).

L’annulation et l’abandon : avant démarrage ou en cours de formation. La convention doit prévoir ce qui est facturé (ou non), à partir de quand, et comment on traite les heures déjà réalisées. C’est essentiel pour protéger votre trésorerie et éviter les discussions interminables.

La confidentialité : particulièrement en B2B grands comptes (process internes, données, documents). Une clause claire protège tout le monde et rassure le client.

Les règles de preuve en cas de distanciel : c’est souvent là que ça coince. Le client veut pouvoir justifier l’achat, et vous devez pouvoir démontrer la réalisation. Précisez votre système de suivi (émargement digital, relevés de connexion, quiz, suivi de progression, etc.).

Quand l’apprenant paie lui-même : le contrat impose des règles plus strictes

Si la formation est achetée par une personne physique à titre individuel, ce n’est pas “une convention au rabais”. C’est un contrat de formation avec des obligations spécifiques : contenu, conditions de déroulement, modalités d’évaluation, et surtout protections du consommateur.

Deux points sont souvent mal gérés sur le terrain.  

D’abord, le délai de rétractation : il existe et doit être prévu correctement, avec une information claire à l’apprenant. Ensuite, les paiements : on ne facture pas “comme en entreprise”. Le cadre impose une logique d’encaissement encadrée (pas de pression financière immédiate, et un paiement qui suit réellement l’exécution).

Convention, NDA, Qualiopi : pourquoi ce document compte pour votre conformité

La convention ne sert pas seulement à “faire propre”. Elle s’inscrit dans un ensemble d’obligations administratives.

Côté déclaration d’activité (NDA), la contractualisation est un élément structurant : elle matérialise l’existence d’une activité de formation et vous aide à constituer un dossier cohérent (et exploitable) en cas de demandes complémentaires. Et une fois le NDA obtenu, il doit être mentionné sur les documents liés aux prestations (conventions, contrats, devis/bon de commande et factures selon les cas).

Côté Qualiopi, la convention joue un rôle indirect mais central : elle aligne ce que vous annoncez (programme, objectifs, modalités, ressources) avec ce que vous mettez en œuvre, suivez et évaluez. En audit, ce qui met en difficulté, ce n’est pas l’absence d’effort : c’est l’écart entre les documents et la réalité, ou des preuves insuffisantes. 

À retenir

Une convention de formation conforme est un document qui protège votre organisme, rassure vos clients, et renforce votre solidité en cas de contrôle.

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