On a tendance à sous-estimer l’indicateur 1 parce qu’il “ressemble” à une exigence de communication.
En réalité, c’est un indicateur de fiabilité : l’auditeur cherche à vérifier que votre organisme met à disposition du public une information claire, complète et cohérente sur ses prestations. Et c’est souvent là que tombent des non-conformités évitables : une page web à jour, mais une fiche PDF ancienne ; des objectifs bien formulés, mais aucune mention des délais d’accès…
L’indicateur 1 s’inscrit dans le critère 1 du RNQ qui concerne “l’information du public”. La logique est simple : un prospect doit pouvoir comprendre ce que vous proposez et dans quelles conditions, avant de s’engager.
Ce que l’auditeur attend
Trois notions reviennent systématiquement dans les ressources de référence et elles résument bien l’esprit de l’indicateur :
| Accessible | L’information doit être facilement trouvable par le public. Si tout est “sur demande” ou uniquement transmis après un échange, vous vous exposez à un débat inutile le jour J. |
| Détaillée | Des promesses marketing ne suffisent pas. L’auditeur veut des informations concrètes, comparables, qui permettent de décider. |
| Vérifiable | Ce que vous annoncez doit être cohérent entre vos supports (site, catalogue, fiche programme, convention, devis), et correspondre à votre réalité terrain. |
Les informations à rendre publiques : le socle à sécuriser
Pour être solide, partez du principe que l’auditeur va sélectionner un échantillon de prestations et vérifier que l’information attendue est disponible, complète et cohérente.
Le socle à publier, prestation par prestation, est généralement présenté autour des éléments suivants :
- les pré-requis
- les objectifs
- la durée
- les modalités et délais d’accès (comment s’inscrire, quand démarrer, préavis, calendrier, etc.)
- les tarifs (ou, si c’est du sur-mesure, une règle de tarification expliquée clairement)
- les contacts (un point d’entrée concret)
- les méthodes mobilisées (modalités pédagogiques : présentiel/FOAD, accompagnement, outils, rythme…)
- les modalités d’évaluation (ce qui est évalué, quand, selon quelles modalités)
- l’accessibilité aux personnes en situation de handicap (information + orientation / référent, selon votre organisation)
Ce bloc est votre “checklist Qualiopi” de base. Une fois qu’il est verrouillé, l’indicateur 1 devient presque mécanique.
Où publier l’info : faites simple, mais faites “trouvable”
L’indicateur 1 ne vous impose pas un support unique. En pratique, l’auditeur veut constater que le public peut accéder aux informations sans obstacle.
Les supports les plus “naturels” sont : une page de présentation de chaque formation sur votre site, une fiche programme téléchargeable, un catalogue public (PDF), une page claire sur les modalités d’inscription et, si besoin, des conditions tarifaires.
⚠️ Attention au cas fréquent des organismes orientés B2B ou grands comptes : vous pouvez parfaitement travailler “sur devis”, mais il faut que le public comprenne la logique (ce qui fait varier le tarif, ce qui est inclus, comment obtenir un devis, délais de réponse). Un “tarif sur devis” nu, sans contexte, est fragile.
Le meilleur réflexe : pensez parcours utilisateur. En moins de deux minutes, un prospect doit pouvoir répondre à :
À qui s’adresse la formation ? Qu’est-ce que je vais apprendre ? Comment je m’inscris ? Quand je peux commencer ? Comment je suis évalué ? À qui je pose mes questions ?”
Ce que l’auditeur va contrôler : cohérence et maîtrise, pas “marketing”
Le jour de l’audit, l’auditeur ne s’arrête pas à la présence d’un contenu. Il observe surtout :
- la cohérence entre supports : même intitulé, même durée, mêmes pré-requis, mêmes modalités ;
- la précision : objectifs opérationnels, modalités d’évaluation compréhensibles, délais d’accès réalistes ;
- la preuve de maîtrise : qui met à jour ? à quelle fréquence ? comment évitez-vous les versions contradictoires ?
C’est souvent le point 3 qui fait la différence entre un organisme “conforme” et un organisme “solide”. Une procédure simple de mise à jour (même courte) et un responsable identifié peuvent vous éviter beaucoup de stress.
Les pièges classiques qui déclenchent une non-conformité
Sans faire une liste interminable, il y a des erreurs qui reviennent tout le temps.
D’abord, les délais d’accès sont souvent oubliés. Pourtant, c’est un élément attendu : un prospect doit savoir s’il peut démarrer rapidement, s’il y a une session mensuelle, un préavis d’inscription, un test d’entrée, un délai de réponse…
Ensuite, les modalités d’évaluation sont parfois trop vagues : écrire “QCM” ou “évaluation finale” ne suffit pas si on ne comprend pas ce qui est évalué, à quel moment, et selon quelles règles.
Autre piège : l’accessibilité handicap réduite à une phrase générique. Il faut, au minimum, une information utile et un point de contact identifié (référent, adresse, démarche).
Enfin, la cause la plus fréquente reste la contradiction entre documents : site web à jour, mais fiche programme ancienne ; catalogue qui annonce 14 heures, convention qui en mentionne 21 ; pré-requis absents sur un support.
Méthode rapide pour être “audit-proof” sur l’indicateur 1
Si vous voulez une approche efficace (et adaptée aux organisations structurées), partez d’un document “source” : une fiche programme maître, versionnée, qui contient le socle de l’indicateur 1. Ensuite, vous déclinez vers le web, le catalogue, les documents contractuels.
L’objectif est d’éviter que chaque équipe ait “sa version”.
Pour sécuriser la preuve, gardez aussi des éléments simples : une capture d’écran datée de la page web, la fiche programme au bon numéro de version, et une note interne précisant qui met à jour et quand. Ce n’est pas lourd, mais ça montre immédiatement la maîtrise.
Conclusion
Répondre à l’indicateur 1, c’est prouver que votre organisme travaille de manière lisible, structurée et fiable.
Quand l’information est accessible, détaillée et cohérente, l’audit se passe mieux, mais surtout : vos prospects comprennent plus vite, vos équipes répondent plus facilement, et vous réduisez les allers-retours inutiles.
Si vous voulez le voir autrement : l’indicateur 1 est souvent le premier contact entre Qualiopi et votre réalité opérationnelle. Bien traité, il vous met sur de bons rails pour le reste.