Dans la vie d’un organisme de formation, il y a un moment où les mêmes questions reviennent en boucle : “Votre formation est-elle reconnue ? Est-elle finançable ? À quoi sert-elle concrètement sur le marché de l’emploi ?”
S’inscrire dans les répertoires officiels (RNCP ou Répertoire spécifique) ne répond pas à toutes les problématiques d’un OF… mais c’est l’un des leviers les plus puissants pour crédibiliser une offre, sécuriser sa valeur et ouvrir l’accès aux financements quand le projet s’y prête.
1) De quels “répertoires officiels” parle-t-on exactement ?
En France, les certifications professionnelles sont rendues lisibles via deux répertoires nationaux pilotés par France compétences : Le RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) et le RS (Répertoire spécifique).
Point important : on n’“inscrit” pas un organisme au RNCP ou au RS, on enregistre une certification (ou une habilitation) et ensuite, des organismes peuvent être habilités à préparer des candidats à cette certification.
Ces répertoires ont une logique “service public” : tenir à disposition des actifs, des entreprises et des acteurs de la formation une information fiable, à jour, et structurée sur les certifications.
2) RNCP ou RS : choisir le bon répertoire
RNCP : quand votre objectif est un métier, une qualification et un niveau
Le RNCP recense des certifications qui valident des compétences et connaissances nécessaires à l’exercice d’activités professionnelles, avec une logique de qualification et de niveau.
C’est typiquement la voie à viser si votre parcours forme à un métier identifié, avec des blocs de compétences, un référentiel solide, et une employabilité démontrable.
RS : quand votre objectif est une compétence complémentaire (transverse ou spécialisée)
Le Répertoire spécifique, lui, accueille des certifications et habilitations correspondant à des compétences professionnelles complémentaires des certifications RNCP (par exemple : outils, méthodes, compétences transversales, habilitations).
France compétences rappelle aussi que ces certifications/habilitations sont enregistrées pour une durée maximale de cinq ans, et qu’elles peuvent parfois être mises en correspondance avec des blocs RNCP.
En clair : RNCP = un métier / une qualification, RS = une compétence additionnelle. Cette distinction est centrale au moment de bâtir votre stratégie d’offre (et votre dossier).
3) Les 4 bénéfices concrets pour un OF
1. Gagner en crédibilité
Dans un marché saturé, beaucoup d’offres se ressemblent… jusqu’au moment où l’acheteur (entreprise, candidat, partenaire) cherche des “preuves” : référentiel clair, évaluation, reconnaissance, valeur sur le marché.
L’enregistrement dans un répertoire national n’est pas un gadget marketing : c’est le résultat d’une instruction et d’une évaluation selon des critères définis.
2. Rendre votre offre finançable CPF (et donc, beaucoup plus accessible)
C’est souvent le déclencheur n°1 : les formations éligibles au CPF incluent les actions certifiantes préparant à une certification (ou un bloc) enregistrée au RNCP ou au RS.
Et côté pratique, la plateforme Mon Compte Formation rappelle un point que beaucoup d’OF découvrent trop tard : pour publier une offre CPF rattachée à une certification RNCP/RS, l’organisme doit être habilité par le certificateur et déclaré auprès de France compétences.
3. Booster la visibilité “institutionnelle” et la confiance des prescripteurs
Une certification enregistrée dispose d’une fiche officielle consultable et vérifiable.
C’est un gain de visibilité et, surtout, un gain de confiance : prescripteurs, entreprises, financeurs et candidats peuvent retrouver les informations clés et s’appuyer sur un cadre commun.
4. Structurer votre ingénierie pédagogique (et sécuriser vos évaluations)
La démarche oblige à clarifier : activités visées, compétences, modalités d’évaluation, contrôles, traçabilité.
Et France compétences explicite des critères d’examen au RNCP qui parlent directement aux OF : adéquation au métier visé, impact sur l’accès/retour à l’emploi, qualité des référentiels, procédures de contrôle des évaluations, etc.
Même si vous ne déposez pas “demain”, travailler ces exigences fait monter votre offre en maturité.
4) Ce que cela implique, concrètement
Devenir certificateur… ou être habilité
Deux voies existent :
- Vous portez la certification (vous êtes certificateur, vous déposez et vous gérez la certification, ses évaluations, ses jurys, ses contrôles).
- Vous préparez à une certification existante (vous êtes habilité par le certificateur, et vous respectez son cadre : référentiel, évaluations, organisation).
Attention aux règles CPF : “certifiant” veut dire… certifiant
Mon Compte Formation est très clair :
- la certification doit être active (non expirée) ;
- l’intitulé et le contenu doivent être cohérents avec la certification visée ;
- l’offre doit respecter les modalités d’évaluation ;
- et vous ne pouvez pas “greffer” des modules hors compétences visées (sinon, l’offre devient problématique).
Traduction : si votre promesse commerciale est “CPF”, vous devez bétonner l’alignement pédagogique et la conformité avant de publier.
Conclusion
S’inscrire dans les répertoires officiels (RNCP/RS) est une démarche structurante, exigeante, et très rentable quand elle est cohérente avec votre offre et votre marché.
Pour un organisme de formation, c’est souvent le passage qui transforme une “bonne formation” en une offre reconnue, finançable et crédible à condition de choisir le bon répertoire et de construire un dossier solide.