Monter une certification autour d’une compétence précise (outil, méthode, standard, habilitation, geste métier…) répond souvent à une attente très concrète des entreprises : former vite, évaluer clairement, prouver un niveau.
C’est précisément la logique du Répertoire spécifique (souvent appelé RSCH), géré par France compétences : il recense des certifications et habilitations qui valident des compétences professionnelles complémentaires, sans forcément couvrir un “métier complet”.
RSCH / RS : de quoi parle-t-on, concrètement ?
Le RSCH renvoie au Répertoire spécifique (RS). Il accueille, pour une durée maximale de cinq ans, des certifications et habilitations qui reconnaissent des compétences utiles dans l’emploi, souvent transversales ou complémentaires à une certification RNCP.
Point important : le RS ne “référence pas une formation” en tant que telle. Il référence une certification, appuyée sur un référentiel de compétences et un référentiel d’évaluation. Autrement dit, ce qui compte n’est pas seulement le contenu pédagogique, mais la capacité à démontrer et mesurer la compétence.
Pourquoi le RSCH colle parfaitement aux compétences ciblées
Une logique “brique de compétences” plus simple à vendre
Le RNCP s’inscrit dans une logique de qualification globale (métier, niveau, insertion). Le RS, lui, est pensé pour reconnaître une compétence précise : une “brique” que l’on ajoute à un parcours professionnel existant.
Cette logique est très cohérente avec les besoins des entreprises, qui cherchent souvent à combler un écart de compétence sans engager un parcours long.
Une preuve de niveau plus crédible qu’une simple attestation de suivi
Pour une compétence ciblée, la crédibilité se joue sur l’évaluation. Le cadre RS pousse à formaliser des attendus, à définir une méthode de vérification, et à sécuriser l’organisation des épreuves.
Résultat : vous ne vendez pas seulement “des heures de formation”, vous vendez un niveau atteint et constaté, ce qui facilite la validation côté RH, direction, ou partenaires.
Un accès au CPF… sous conditions
Les formations qui préparent à une certification enregistrée au RNCP ou au RS font partie des actions éligibles au CPF.
C’est un levier fort, mais il faut éviter l’erreur classique : l’organisme de formation doit être habilité par le certificateur (ou être lui-même certificateur), et l’organisation doit respecter la chaîne de responsabilités attendue.
Des passerelles possibles avec des blocs RNCP
Le cadre prévoit que des certifications RS peuvent, dans certains cas, établir des correspondances avec des blocs de compétences de certifications RNCP.
Cela renforce la lisibilité de la compétence ciblée et peut aider à l’intégrer dans des parcours plus larges (logique “compétences” plutôt que “heures”).
Ce que France compétences attend : l’enjeu n°1, c’est la solidité du projet
Le RS n’est pas un “label marketing”. France compétences évalue les demandes selon un cadre précis (critères réglementaires et exigences méthodologiques), avec un point central : démontrer l’utilité réelle sur le marché du travail et la capacité à certifier via une évaluation cohérente.
Deux éléments reviennent dans la plupart des dossiers qui passent bien.
- D’abord, le besoin doit être prouvé par des éléments concrets : usages en entreprise, exigences sectorielles, évolution des pratiques, obligations réglementaires, etc.
- Ensuite, l’évaluation doit être pensée comme le cœur du dispositif : une certification RS qui ressemble à une simple sensibilisation ou à une remise à niveau a beaucoup moins de chances d’être considérée comme “certification-ready”.
La mini-checklist avant de vous lancer
Avant de partir sur le RSCH, vérifiez ces trois points :
- La compétence visée est bien complémentaire et clairement délimitée (pas un métier complet).
- Vous avez un référentiel + une évaluation crédibles, reproductibles, traçables.
- Si votre objectif est le CPF, l’habilitation et la chaîne de responsabilités sont carrées dès le départ.
Conclusion
Pour des compétences ciblées, le RS est souvent le bon choix : il rend la compétence lisible, impose une logique de preuve, et peut ouvrir l’accès au CPF. Mais il récompense surtout les projets solides, où l’évaluation n’est pas un détail, mais la démonstration tangible de la valeur apportée.
Chez BMG Consulting, l’objectif est précisément de transformer une offre de formation en projet de certification robuste et conforme, sans perdre de vue la réalité opérationnelle : process internes, ressources, déploiement et exigences clients.